Références

Pôle Aménagement, Espaces et Equipements Publics

Appréciation patrimoniale d’une maison ancienne – Folgensbourg – 2015

Une analyse du potentiel patrimonial d’une maison, située face à l’église, a été réalisée par l’ADAUHR à la demande de la mairie de Folgensbourg. Présentant un intérêt architectural et une position privilégiée dans le village, la bâtisse, située 2 rue de l’Eglise, daterait de la deuxième moitié du XVIIIème ou du début du XIXème siècle.

 

Du contexte aux objectifs

La commune s’interrogeait sur l’intérêt d’acquérir le bâtiment pour y aménager un équipement public, de type accueil périscolaire. L’aménagement d’un établissement recevant du public est soumis à de nombreuses contraintes qui peuvent paraître dissuasives, tant par leur impact sur l’architecture que par le coût de travaux qu’elles induisent. En outre, la petite taille des pièces, la faible hauteur sous plafond, l’existence de niveaux de plancher décalés et les contraintes liées à la disposition des éléments porteurs rendent la transformation du bâtiment en établissement recevant du public a priori difficile sur le plan technique suppression de cloisonnements, reprises en sous-oeuvre, mesures antisismiques), peu efficace sur le plan fonctionnel et d’un coût élevé. Si bien que le bâtiment en sortirait sensiblement dénaturé et privé de l’essentiel de ce qui reste de sa substance originale.

 

De la situation générale à l’état des lieux

Du point de vue architectural, le bâtiment dispose d’un charme certain, avec son pignon pointu orienté vers l’église et la partie supérieure de la rue, et son balcon-galerie en encorbellement sur l’habitation, côté cour. A l’origine, entièrement à colombages, la structure a été assez sérieusement modifiée pour permettre d’agrandir la partie habitée. Les colombages ne sont désormais plus visibles à l’exception de la partie supérieure du pignon nord, à l’intérieur du comble sans pouvoir juger, toutefois, de leur état réel. Les dispositions intérieures comprennent des pièces relativement petites et de faible hauteur sous plafond dans l’habitation ancienne, obéissant à la typologie traditionnelle en la matière (Stube/Kammer, Hüssgang/Küche). Les pièces aménagées dans l’ancienne étable comportent des niveaux décalés par des marches par rapport aux planchers de la partie ancienne. Les deux autres travées agricoles anciennes, aire de grange avec porte charretière et remise Schopf/fenil, sont dans leur état d’origine avec accès uniquement depuis la cour.

 

Une restauration soumise à de nombreuses contraintes 

L’expertise de l’ADAUHR recommande une restauration douce mettant en valeur les éléments historiques encore présents, notamment :

  • suppression de la travée d’extension sud et de son avant-toit ;
  • mise à jour et restauration des colombages de façades, sans tenter de reconstituer les parties disparues ;
  • pose d’enduits homogènes sur l’ensemble des surfaces ;
  • restauration des couvertures, en matériaux homogènes, si possible tuiles plates à bout pointu avec bardeaux de sous-toiture ;
  • conservation de la typologie des ouvertures et de leurs menuiseries, fenêtres et volets à deux battants.

Enfin, l’ADAUHR suggère de privilégier une réhabilitation à des fins d’habitation compte tenu des nombreuses contraintes techniques et réglementaires liées à l’aménagement d’un établissement recevant du public. La création d’un équipement public dans un tel contexte patrimonial paraît en effet difficile au regard du respect des normes et de leur impact financier et architectural.